Le cœur qui s'emballe, la boule au ventre, les pensées qui tournent en boucle à deux heures du matin, le sommeil qui se dérobe… L'anxiété, presque tout le monde la croise un jour ou l'autre. Mais quand elle s'installe et se met à diriger le quotidien, elle devient épuisante. La bonne nouvelle ? Elle n'est pas une fatalité, et elle a souvent beaucoup à nous apprendre.
Dans cet article, je vous propose de comprendre ce qui se passe dans le corps, d'apprendre à décoder ses messages, de découvrir quelques approches douces que j'utilise en accompagnement et de repartir avec trois gestes simples à essayer dès ce soir.
L'anxiété, un système d'alarme un peu trop zélé
À l'origine, l'anxiété est un mécanisme de survie. Face à un danger, notre corps se met en alerte : il libère de l'adrénaline, accélère le cœur, tend les muscles, prépare à fuir ou à combattre. Très utile devant un vrai péril. Le problème, c'est que ce système d'alarme ne fait pas toujours la différence entre une menace réelle et une menace imaginée : un souvenir, une anticipation, une pensée, une conversation difficile qui n'a pas encore eu lieu.
Résultat : le corps s'active « pour rien », encore et encore. Et plus on lutte contre cette sensation, plus elle prend de place. On finit par avoir peur d'avoir peur : on devient anxieux… à l'idée d'être anxieux.
L'anxiété n'est pas le problème. C'est souvent une tentative maladroite de notre système nerveux de nous protéger.
Stress, angoisse, anxiété : des mots proches, des vécus différents
On les mélange souvent. Le stress répond en général à une pression identifiable (une échéance, une surcharge) et retombe quand la situation se dénoue. L'anxiété, elle, persiste même sans cause évidente : c'est une inquiétude diffuse, tournée vers l'avenir. L'angoisse désigne plutôt le pic, cette vague physique qui serre la poitrine ou la gorge. Mettre le bon mot sur ce que l'on vit est déjà une façon de reprendre un peu de pouvoir dessus.
Reconnaître l'anxiété dans le quotidien
L'anxiété ne ressemble pas toujours à ce que l'on imagine. Elle se glisse souvent par petites touches, dans trois registres :
- Le corps : gorge ou ventre noués, cœur qui bat vite, mâchoires serrées, respiration courte, fatigue inexpliquée, difficultés d'endormissement ou réveils nocturnes.
- Les pensées : scénarios catastrophes, besoin de tout anticiper, ruminations, difficulté à se concentrer ou à décider.
- Les comportements : évitement de certaines situations, besoin de contrôle, vérifications répétées, irritabilité, grignotages ou envies compulsives.
Imaginez une personne qui, chaque dimanche en fin d'après-midi, sent son ventre se contracter à la seule idée du lundi. Rien de grave ne l'attend vraiment, mais son corps « répète » une menace. Cet exemple est volontairement générique, mais beaucoup de personnes s'y reconnaissent : l'anxiété a ses rendez-vous réguliers.
Écouter le message plutôt que faire taire le symptôme
Quand une émotion revient sans cesse, c'est qu'elle cherche à dire quelque chose. Une anxiété tenace peut signaler un besoin non entendu, une limite que l'on n'ose pas poser, un stress accumulé, un deuil que l'on n'a pas eu le temps de vivre, ou une vieille blessure encore sensible. Chercher uniquement à la supprimer, c'est un peu comme débrancher un détecteur de fumée sans vérifier s'il y a le feu.
En accompagnement, je propose souvent de faire l'inverse : accueillir l'anxiété, l'écouter, comprendre d'où elle vient. Quelques questions simples ouvrent déjà beaucoup de portes : depuis quand est-elle là ? Qu'est-ce qui la réveille ? Qu'est-ce qu'elle essaie de protéger en moi ? Les réponses ne sont pas toujours rationnelles, et c'est justement pourquoi les approches corporelles et émotionnelles sont précieuses : elles vont chercher là où le raisonnement seul ne va pas.
Il arrive aussi que l'origine se situe loin dans le temps. Certaines inquiétudes de fond semblent exister « depuis toujours ». Dans ces cas-là, d'autres pistes peuvent être explorées, comme les loyautés familiales décrites dans l'article sur les héritages que l'on porte sans le savoir, ou la mémoire fœtale.
Des approches douces pour retrouver l'apaisement
Plusieurs méthodes peuvent aider à apaiser l'anxiété en agissant à la fois sur le corps et sur les émotions. Elles ne s'excluent pas : on choisit ensemble, en séance, celle qui correspond à votre situation.
L'EFT, pour désamorcer la charge émotionnelle
Par de légers tapotements sur des points précis tout en nommant ce que l'on ressent, l'EFT aide à faire baisser l'intensité d'une peur ou d'une angoisse. C'est aussi un outil que l'on emporte avec soi : je vous apprends à l'utiliser seul·e, dès qu'une émotion monte. J'en détaille le principe dans l'article EFT : apaiser une émotion.
La respiration, accès direct au système nerveux
Le souffle est l'un des rares leviers que nous pouvons actionner volontairement sur notre système nerveux. Ralentir et approfondir la respiration envoie au corps un puissant signal de sécurité. La respiration holotropique pousse cette porte beaucoup plus loin, dans un cadre sécurisé, pour libérer ce qui s'est accumulé.
Les mouvements oculaires, quand un événement est resté « coincé »
Lorsque l'anxiété est liée à un souvenir précis (un choc, une agression, un moment de peur intense), les mouvements oculaires, une approche proche de l'EMDR, aident le cerveau à « digérer » le souvenir pour qu'il pèse moins aujourd'hui.
L'état modifié de conscience, pour descendre sous le mental
Respirations calmes, musique, visualisations guidées : dans l'état modifié de conscience, le mental se met en retrait et l'on peut accéder à ce qui est habituellement enfoui, tout en restant maître de soi.
Trois gestes simples pour maintenant
Voici trois petits exercices, gratuits et sans matériel. Ils n'effacent pas l'anxiété, mais ils rappellent à votre corps qu'ici et maintenant, il n'y a pas de danger immédiat.
- Allonger l'expiration : posez une main sur le ventre, inspirez sur 4 temps, expirez sur 6. Répétez une dizaine de fois, sans forcer.
- Revenir aux sens : repérez 5 choses que vous voyez, 4 que vous touchez, 3 que vous entendez, 2 que vous sentez, 1 que vous goûtez. L'attention quitte les scénarios pour revenir au présent.
- Nommer l'émotion : dites à voix haute ou écrivez « je ressens de l'anxiété, elle est là, et elle est passagère ». Nommer apaise souvent plus que combattre.
Quand en parler, et à qui ?
Mon accompagnement relève du bien-être et du développement personnel : il ne remplace pas un suivi médical, psychologique ou psychiatrique. Si l'anxiété s'accompagne de crises très intenses, de douleurs thoraciques inhabituelles, d'idées sombres ou si elle vous empêche de vivre normalement, parlez-en d'abord à votre médecin traitant. Une prise en charge médicale et un accompagnement psycho-émotionnel peuvent très bien se compléter.
Si vous habitez Lannion, Morlaix ou les environs, je vous reçois à mon cabinet de Plestin-les-Grèves ; sinon, la visio permet d'être accompagné·e d'où que vous soyez. La séance d'une heure est à 60 € (voir tarifs et lieux).
Questions fréquentes
L'anxiété peut-elle disparaître complètement ?
Je ne peux rien promettre, car chaque histoire est singulière. Ce que l'on observe souvent, c'est que l'anxiété perd en intensité quand on comprend ce qu'elle protège et quand on dispose d'outils concrets pour calmer le corps.
Faut-il raconter toute son histoire en séance ?
Non. Certaines approches, comme l'EFT ou les mouvements oculaires, permettent de travailler sans tout détailler. Vous partagez ce que vous souhaitez, à votre rythme.
Combien de séances faut-il prévoir ?
Cela dépend de ce que vous traversez. Nous faisons le point ensemble après la première rencontre et vous restez libre de poursuivre ou non.
Peut-on être accompagné·e en visio ?
Oui. Plusieurs approches, dont l'EFT, se prêtent très bien à la visio, ce qui est pratique quand les horaires sont chargés ou que le cabinet est éloigné.
Pour conclure
L'anxiété est inconfortable, mais elle n'est pas votre ennemie : c'est un signal qui demande à être entendu. Vous n'avez pas à vivre avec en vous débrouillant seul·e. Si vous en ressentez l'envie, écrivez-moi ou appelez-moi : la première étape est un simple échange, sans engagement. Et si le sujet de la perte ou d'une séparation vous parle, vous pouvez poursuivre avec l'article sur le deuil et la séparation.
À propos de l'autrice
Delphine Silloray est thérapeute psycho-émotionnelle à Plestin-les-Grèves (22) et à Plounéour-Ménez (29). Elle accompagne l'anxiété, le stress et les blocages émotionnels par des approches douces et corporelles, au cabinet et en visio. Cet article est informatif : il ne remplace pas un avis médical.

