On respire environ vingt mille fois par jour, presque toujours sans y penser. Et si ce geste automatique était aussi une porte d'entrée vers ce que le mental n'atteint pas : les tensions anciennes, les chagrins que l'on n'a pas pu pleurer, les peurs installées ? C'est le pari de la respiration holotropique, une démarche à la fois corporelle et émotionnelle que j'accompagne en tête à tête comme en collectif.
Elle intrigue autant qu'elle impressionne. Ce texte détaille sa nature, le fil d'une rencontre de l'arrivée au départ, les personnes à qui elle s'adresse, ainsi que les cas où il vaut mieux renoncer ou consulter un médecin avant de réserver.
Les origines et le principe
Ce travail a été conçu dans les années 1970, en Californie, par le Dr Stanislav Grof, avec l'appui de son épouse Christina. « Holotropique » se comprend comme « se diriger vers la totalité », c'est-à-dire vers ce qui nous rend entier.
Dans les faits, on respire plus largement, à un rythme soutenu et profond, enveloppé par des musiques choisies pour leur pouvoir d'évocation, qui épaulent les émotions quand elles montent. Ce souffle prolongé facilite des états de conscience élargis, au sein desquels des mémoires longtemps enfouies peuvent refaire surface puis se défaire. Nul besoin de raconter, d'analyser ni de « comprendre » au préalable.
Le corps connaît le chemin. Parfois, un lieu rassurant et quelques respirations suffisent pour poser ce qu'il traîne depuis longtemps.
Par curiosité pour ces états particuliers de conscience, la page sur l'état modifié de conscience présente une voie plus douce, voisine du rêve éveillé.
Avant de commencer : échange et sécurité
Cette respiration a de la puissance, d'où un préalable systématique : un questionnaire de santé suivi d'une conversation en tête à tête. J'y apprends ce qui vous amène, ce que vous vivez en ce moment, l'état de votre santé et vos éventuelles inquiétudes. Ce moment installe la confiance et permet de vérifier que la pratique vous convient.
Certains états de santé s'opposent à cette pratique, comme une grossesse ou une fragilité du cœur. Parlez-m'en avant toute réservation, et sollicitez votre médecin au moindre doute. Ce garde-fou fait partie du cadre et pèse autant que la séance elle-même.
Le fil d'une séance, étape par étape
Chaque séance est unique, mais elle suit en général un fil que je peux vous décrire.
1. L'accueil et l'intention
Nous commençons par un moment pour arriver, poser vos affaires, vous installer confortablement. Vous formulez, si vous le souhaitez, une intention, une envie ou simplement une ouverture, par exemple « me sentir plus léger·e » ou « laisser venir ce qui doit venir ». Une tenue souple est la bienvenue.
2. La respiration
Allongé·e, vous commencez à respirer de façon ample et continue, au rythme de la musique. Le souffle s'amplifie, et le corps se met en mouvement intérieur. Selon les personnes, on peut ressentir des vagues de chaleur, des fourmillements, une envie de pleurer, de rire, de bouger, ou au contraire une grande douceur. Il n'y a rien à réussir : tout ce qui vient est bienvenu.
3. Une présence continue
Je ne vous quitte pas : je demeure auprès de vous de bout en bout, en veillant à la sécurité du moment et en soutenant ce qui se libère. Vous n'êtes jamais seul·e face à ce qui monte.
4. Le retour au calme et l'intégration
Peu à peu, la respiration retrouve un rythme naturel et la musique s'apaise. Un temps de repos permet de laisser les sensations se déposer, puis nous échangeons si vous le souhaitez sur ce que vous avez vécu. Nombre de participants évoquent ensuite un sentiment de légèreté, de netteté d'esprit et de retrouvailles avec eux-mêmes. Ce n'est pas systématique, et chaque vécu est différent.
Après la séance : prendre soin de soi
Une séance de respiration peut remuer beaucoup de choses. Pour l'accueillir dans de bonnes conditions, voici quelques conseils de bon sens : prévoyez du temps calme après la séance plutôt qu'un agenda chargé, hydratez-vous, mangez léger, marchez dehors, et notez ce qui vous revient (images, sensations, rêves) dans les jours qui suivent. Il est normal de se sentir fatigué·e, ému·e ou, au contraire, très léger·e. Si quelque chose vous inquiète, vous pouvez me contacter.
Vous habitez Plouaret ou Lannion ? Ces deux pages détaillent le trajet jusqu'à moi.
Trois formules : tête à tête, petit comité, grand groupe
- En tête à tête : 2 h la première fois, puis 1 h 30 ensuite. Un cadre intime, entièrement tourné vers vous.
- En petit comité : trois à cinq participants, le temps d'une demi-journée.
- En grand groupe : une journée complète. La dynamique collective, lorsqu'elle s'installe, amplifie fréquemment l'intensité de l'expérience.
Je vous accueille dans ma salle de vie, à Plounéour-Ménez, ou à Commana pour certains rassemblements. Les prix figurent sur Tarifs & lieux, et les dates à venir sur Ateliers. Pour tout savoir de la pratique, la page Respiration holotropique la présente en détail.
À qui s'adresse-t-elle ?
La respiration holotropique s'adresse aux personnes curieuses d'une approche corporelle et prêtes à se laisser guider. Elle est souvent choisie pour :
- Traverser une période de stress ou d'anxiété (voir comprendre son anxiété) ;
- Exprimer des émotions retenues et relâcher des tensions ;
- Passer un cap après la perte d'un proche ou une rupture (voir deuil et séparation) ;
- Se reconnecter à soi, au corps, au vivant ;
- Faire émerger des ressources et des déclics intérieurs.
Imaginez quelqu'un qui « sait » tout de ses difficultés mais n'arrive pas à les ressentir, comme si les émotions restaient derrière une vitre. La respiration peut, pour certains, faire tomber cette vitre. Il s'agit là d'une situation type et non d'un témoignage ; les vécus varient beaucoup d'une personne à l'autre.
Cette pratique relève du mieux-être et de la croissance personnelle. Elle ne tient lieu ni de suivi médical, ni d'accompagnement psychologique ou psychiatrique, et je ne la décris pas comme un soin. Lorsqu'une fragilité psychique importante est présente, un avis préalable auprès d'un professionnel de santé est utile.
Questions fréquentes
Faut-il avoir déjà médité ou fait du yoga ?
Non. Aucune expérience préalable n'est nécessaire. Il suffit d'accepter de respirer au rythme proposé et de se laisser porter par la musique.
Peut-on perdre le contrôle pendant la séance ?
Les états de conscience élargis ne signifient pas une perte de maîtrise. Je suis présente de bout en bout, et le cadre sert à vous rassurer. À chaque instant, vous pouvez dire ce dont vous avez besoin.
Et si rien de particulier ne se produit ?
Cela peut arriver, sans que ce soit un revers. Chaque séance a sa couleur : tantôt intense, tantôt tout en retenue. Le corps avance à son propre rythme.
Faut-il prévoir un nombre de séances ?
Rien n'est fixé d'avance. Nous faisons le point après la première rencontre, et vous choisissez la suite en toute liberté.
Pour finir
La respiration holotropique n'est ni un exploit ni une recette miracle : c'est une invitation à écouter ce que le corps sait déjà, dans un cadre pensé pour votre sécurité. Si l'idée vous parle, parlons-en : nous prendrons le temps de voir si elle vous convient, avec le questionnaire de santé et l'échange qui précèdent toute séance.
À propos de l'autrice
Delphine Silloray, thérapeute psycho-émotionnelle, guide la respiration holotropique en tête à tête et en collectif, à Plounéour-Ménez et à Commana. Ce texte informe sans valoir avis médical. Découvrir la page dédiée à la respiration holotropique.

