Femme pensive debout près d'une fenêtre, une tasse entre les mains, dans la lumière du matin
Premiers pas · Lecture 7 min

Quand on va mal : qui consulter, et par où commencer ?

Un poids sur la poitrine qui ne part pas, des journées qui se ressemblent, une envie de pleurer sans trop savoir pourquoi, ou au contraire plus rien du tout : le mal-être n'a pas toujours de nom, et quand on le traverse, la question de savoir à qui s'adresser peut sembler écrasante. Entre le médecin, le psychologue, le thérapeute et les numéros d'écoute, par quel bout commencer ?

Je suis Delphine Silloray, thérapeute psycho-émotionnelle. Mon métier n'est ni celui d'un médecin ni celui d'un psychologue, et je ne suis pas la première personne à qui s'adresser dans toutes les situations. Voici donc un parcours en quelques étapes, honnête sur ce que chacun peut apporter, avec les numéros officiels à garder sous la main.

D'abord, trier : urgence, santé ou besoin d'accompagnement

Trois situations se confondent souvent, alors qu'elles appellent des réponses différentes.

  • L'urgence : des idées de mort, un danger pour vous ou pour quelqu'un d'autre. Il faut appeler tout de suite.
  • Le besoin de santé : un mal-être qui dure, qui s'accompagne de symptômes physiques, d'un sommeil détruit, d'une tristesse profonde ou d'un effondrement de l'énergie. Un médecin doit regarder cela.
  • Le besoin d'être entendu·e : une période dure (deuil, rupture, surcharge, situation qui s'éternise) où l'on a besoin de comprendre ce que l'on ressent et d'être accompagné·e. C'est là que peut intervenir un thérapeute, de préférence quand les deux situations précédentes ont été écartées.

Dans le doute, mieux vaut demander trop tôt que trop tard : un professionnel de santé, ou le 3114, saura dire si la situation est sérieuse, et vous n'avez pas à en décider seul·e.

Si vous pensez à mourir ou que vous êtes en danger

Appelez le 3114, le numéro national de prévention du suicide : il est gratuit et joignable 24 h/24 et 7 j/7, partout en France. Ce sont des infirmiers ou des psychologues formés à l'écoute qui répondent. Vous pouvez aussi l'appeler pour un proche dont vous vous inquiétez. En cas de danger immédiat, composez le 15 (SAMU) ou le 112. Ces numéros existent pour être utilisés, y compris à trois heures du matin, y compris si vous n'êtes pas sûr·e que « ce soit assez grave ».

Le premier rendez-vous : votre médecin traitant

Pourquoi commencer par lui ? Parce que certaines causes physiques peuvent ressembler à un mal-être, ou l'aggraver : fatigue, troubles du sommeil, carences, dérèglement hormonal, effets de certains médicaments. Il pourra aussi évaluer l'intensité de ce que vous vivez, vous proposer un arrêt si besoin, et vous orienter vers un psychologue, un psychiatre ou une structure publique.

Pour préparer ce rendez-vous, quelques notes suffisent : depuis quand cela dure, comment vous dormez et mangez, ce qui a changé dans votre vie, ce que vous prenez comme traitements. Dites les choses telles qu'elles sont, y compris les plus difficiles à avouer. Si vous craignez d'être jugé·e, rappelez-vous que cette consultation est couverte par le secret médical, et que votre médecin entend régulièrement des phrases semblables aux vôtres.

Psychologue, psychiatre, CMP : quand les solliciter

Un psychologue propose une écoute et un suivi par la parole dans un cadre clinique ; un psychiatre est un médecin qui peut poser un diagnostic et prescrire. Le centre médico-psychologique (CMP) de votre secteur est un service public gratuit, où travaillent psychiatres, psychologues et infirmiers ; il faut parfois patienter. Il existe aussi un dispositif de l'Assurance maladie pour des séances chez un psychologue partenaire, détaillé dans l'article combien coûte un thérapeute. Pour distinguer ces professions, voyez psychothérapeute, psychologue, thérapeute : quelles différences.

Ciel rose et orangé au-dessus d'une baie bretonne au crépuscule, l'eau calme reflétant les nuages

En attendant le rendez-vous : cinq petits pas

Les délais d'attente sont parfois longs. Quelques gestes simples, sans prétendre régler quoi que ce soit, aident à tenir.

  1. En parler à une personne. Un proche, un voisin, un collègue de confiance. Dire « ça ne va pas » à voix haute allège déjà.
  2. Sortir marcher un quart d'heure. Dehors, en lumière du jour, même sans entrain. Le mouvement et la lumière desserrent un peu l'étau.
  3. Protéger le sommeil. Des horaires réguliers, moins d'écrans le soir, une pièce fraîche. Cela ne guérit rien, mais un cerveau reposé encaisse mieux.
  4. Écrire trois lignes par jour. Ce que vous ressentez, ce qui l'a déclenché. Ce carnet servira ensuite à expliquer les choses au médecin ou au thérapeute.
  5. Accepter un coup de main concret. Un repas, une course, une garde d'enfant : demander n'est pas un aveu de faiblesse.

Ces gestes ne constituent pas une méthode : ils servent à ne pas rester seul·e avec un poids trop lourd pendant que le vrai rendez-vous se prépare. Si la situation empire malgré eux, ne patientez pas davantage : recontactez votre médecin, le CMP ou le 3114.

Silhouette d'une personne assise en tailleur, les mains ouvertes, face à un soleil qui filtre entre des palmiers

Et un thérapeute psycho-émotionnel, dans tout ça ?

Quand l'urgence et le besoin médical sont écartés, ou en complément d'un suivi, un accompagnement comme le mien peut offrir un espace pour comprendre ce que l'on ressent. Je travaille par la parole et par des techniques douces (EFT, respiration, mouvements oculaires). Je ne pose pas de diagnostic, je n'indique aucun traitement, et je vous oriente vers un médecin dès que je perçois que la situation le demande.

Si l'idée vous tente, une première séance dure une heure, à 60 €, au cabinet de Plestin-les-Grèves, à Plounéour-Ménez ou en visio. Vous pouvez aussi découvrir ce que recouvre exactement le métier de thérapeute holistique et psycho-émotionnelle, ou lire la page sur le mal-être profond.

Les numéros à garder sous la main

  • 3114 : prévention du suicide, gratuit, 24 h/24 et 7 j/7.
  • 15 (SAMU) ou 112 : urgence vitale.
  • SOS Amitié, 09 72 39 40 50 : écoute anonyme 24 h/24, au prix d'un appel local.
  • Fil Santé Jeunes, 0 800 235 236 : pour les 12-25 ans, gratuit et anonyme, de 9 h à 23 h.
  • 119 : Allô enfance en danger, gratuit, 24 h/24.
  • 3919 : Violences Femmes Info, gratuit et anonyme (si vous subissez des violences, ou en cas de danger, le 17 ou le 112).

Questions fréquentes

Comment savoir si mon mal-être est assez « grave » pour consulter ?

Il n'y a pas de seuil officiel pour mériter une consultation. Si cela dure depuis plusieurs semaines, perturbe votre travail, votre sommeil ou vos relations, ou si vous y pensez sans cesse, c'est une raison suffisante d'en parler à votre médecin.

Faut-il voir un médecin avant un thérapeute ?

Ce n'est pas une obligation légale, mais c'est conseillé quand le mal-être est profond, durable ou accompagné de symptômes physiques. Un médecin peut écarter une cause de santé et vous dire si un suivi médical est utile.

Que faire si je n'ai pas les moyens de payer des séances ?

Parlez-en à votre médecin traitant : certaines solutions sont gratuites, comme le centre médico-psychologique de votre secteur, ou prises en charge en partie, comme le dispositif de l'Assurance maladie pour des séances chez un psychologue partenaire. N'hésitez pas à me dire aussi ce qui est possible pour vous.

Puis-je consulter une thérapeute comme vous en plus d'un suivi ?

Oui, sauf avis contraire de votre médecin ou de votre psychologue. Informez-les de ma présence : mon accompagnement est complémentaire et ne modifie jamais un traitement.

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Besoin d'en parler à quelqu'un ?

Je peux vous écouter et vous dire franchement si mon accompagnement a du sens pour vous, ou vers qui vous tourner.

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